Face à deux enfants réclamant leur goûter, elle leur tend un biscuit du commerce. Par curiosité, elle croque dedans. « Waouh, ce n’est pas possible d'avoir quelque chose d'aussi sucré, avec si peu de goût et de donner ça aux enfants », se rappelle-t-elle. L'idée fait l'effet d'une étincelle. Où sont les alternatives de goûters à la fois gourmandes et sans sucres ajoutés pour les plus jeunes ? Etudiante en économie à Solvay, la jeune femme, originaire de Waterloo, réalise alors qu'elle veut créer son propre projet de goûters sains pour les enfants et lancer sa marque.
Du doute au premier pas
Se lancer seule dans un secteur aussi exigeant que l'agroalimentaire relevait pourtant du saut dans l'inconnu, d'autant qu'Amélie n'avait au départ aucune formation en pâtisserie. Très vite, elle entreprend des démarches pour se former à la nutrition infantile ainsi qu'aux normes d'hygiène. Le véritable déclic opérationnel survient en repérant un appel à projets sur les réseaux sociaux d’ICE Louvain, un incubateur pour jeunes entrepreneurs, cofinancé par l’Europe et la Wallonie.
« Ma plus grande crainte au début, était d'être seule avec mon idée et qu'on ne me prenne pas au sérieux », confie-t-elle. « En poussant la porte d'ICE, c'est tout l'inverse qui s'est produit. L'équipe y croyait autant que moi. On se retrouve entourée d'un coach attitré, de personnes de confiance qui veulent sincèrement notre réussite et mettent leur réseau à notre disposition. C’est l'opportunité de ne jamais se sentir lâchée dans la nature. »
Un parcours exigeant au service d’un projet
Intégrée à la première phase d'accompagnement de quatre mois, Amélie enchaîne les ateliers pratiques : étude de marché, ciblage, élaboration du plan financier, aspects juridiques ou encore les assurances. Autant de facettes du métier qu'elle découvre en même temps qu'elle affine son concept. Son idée initiale évolue constamment au contact de la réalité. « On arrive avec une intuition, puis les retours du terrain et les conseils des coachs nous aident à ajuster la trajectoire pour que le projet devienne vraiment viable », explique-t-elle.
En juin dernier, l'étape décisive arrive avec la présentation devant le jury de sélection. Pour l'occasion, Amélie ne vient pas seulement avec des chiffres et des diapositives, mais avec des échantillons issus de ses innombrables essais en cuisine. Le jury est conquis. Cette validation lui ouvre les portes de la seconde phase de l'incubateur, un accompagnement sur un an et demi rythmé par des coachings spécialisés avec des fiscalistes, comptables et experts du secteur.
La preuve par le goût
Si la reconnaissance des professionnels constitue un jalon essentiel, la plus grande fierté de la jeune fondatrice de la marque Melouuu reste la confrontation avec le public. Invitée à faire tester ses créations lors de la Foire de Libramont, ses stocks d'échantillons ont été dévalisés dès la fin de matinée. Un accueil chaleureux qui confirme l'intérêt fort des familles pour une offre de goûters plus sains.
Actuellement concentrée sur la stabilisation de ses recettes et le respect des tests de conservation, Amélie vise la formalisation de son plan financier et la recherche de partenaires de production avec l'objectif de concrétiser le lancement au début de l'année prochaine.
Son conseil pour celles et ceux qui hésitent encore à sauter le pas est limpide. « Il faut oser ! On n'a rien à perdre et tout à apprendre. Il n'y a pas de mauvaise idée tant qu'on a la détermination de la porter. »
C'est précisément en soutenant des structures d'accompagnement comme ICE Louvain, que l’Europe concrétise son engagement aux côtés de la jeunesse, en transformant des idées audacieuses en entreprises durables et créatrices d'opportunités pour toute la région.
Parce que c'est ça, la vie En Mieux!

